Longo Maï, un réseau solide et actif

 Au-delà de tous les clichés et critique auxquels Longo Maï a été qualifié, cette communauté citoyenne démontre qu'une autre façon de vivre est possible et apporte un nouveau regard sur le monde.

       Longo Maï (=Limans, Longo « longtemps encore » en occitan) a été fondé par des groupes anarchistes militant venus d'Autriche et de Suisse. Ils s'installent en 1973 sur la commune de Limans, près de Forcalquier dans les Alpes de Haute-Provences où ils décident de fonder une société idéale et un « village pionnier européen », qui puisse servir de lieu de refuge en cas de crise.

La communauté s'organise en différentes coopératives et sociétés agricoles et ouvrières. Ils développent l'autogestion, l'absence de propriété privée, la polyvalence de chacun dans les différentes tâches, ils décident de refuser le salariat et se donnent pour objectif d'atteindre l’auto-subsistance et de pratiquer « l'effort librement consenti ». Les décisions sont prises par consensus lors d'assemblées générale. Par ailleurs, il n'y a pas d'échanges monétaires entre les différentes structures, on fonctionne par troc, chaque coopérative échange en fonction de ses besoins.

 Après un départ difficile, Longo Maï prospère et étend son réseau : le maraîchage bio avec le Mas de Granier dans les Bouches du Rhône, une filature près de Briançon, une coopérative au Treynas dans le Massif Central, des fermes en Suisse, en19770500_Perrot_Roland-15A Allemagne, en Autriche et même une coopérative au Costa-Rica et en Ukraine. Le collectif a acheté ses terres notamment grâce à des collectes de fonds. Malgré tout, Longo-Maï dépend encore à 50% de financements extérieurs : aides publiques et collectes d'argent.

 Depuis ses débuts, Longo Maï, loin de se replier sur soi, n'a cessé de lutter pour des causes extérieures. Appuyé par un mouvement de soutien de plusieurs milliers de personnes à travers l'Europe, la communauté a souvent milité pour « la libre circulation des individus », le retour de la vie à la campagne, la propagation de la paysannerie, la réouverture de l'école de Limans etc.

N'importe quel curieux est libre de venir séjourner là-bas (à condition d'avoir téléphoné au préalable), participer aux activités, aux discussions, trouver sa place... et de repartir quand il le souhaite. La communauté a beau être hospitalière, les habitants n'accueillent pas forcément les visiteurs à bras ouverts (notamment à cause des nombreux passages) et c'est aux nouveaux venus de prendre des initiatives, car les habitants ne viendront pas demander de l'aide.

Longo Maï dispose également de sa propre radio alternative : la radio Zinzine qui fonctionne 24h/24 et propose musiques, débats, infos locales et internationales. Plutôt que de chercher l'objectivité, la radio vise à montrer clairement son point de vue, quitte à travailler sur ses certitudes. Elle se distingue également par son absence de publicités.

 Ce qui fait la force de LLe Mas de Granier Longo Maïongo-Maï, outre ses nombreuses actions, c'est la diversité des personnes qui font partie du réseau et le fait qu'il ne se reconnaît dans aucune idéologie ou parti politique. Il n'y a pas de hiérarchie dans la communauté, chaque personne compte. Certes cela pose des problèmes lors des débats et assemblées générales, des discussions durent parfois des heures pour prendre une décision, mais le groupe parvient toujours à trouver un accord.

Longo Maï n'est pas le paradis, loin s'en faut, de nombreuses personnes sont venus y séjourner et sont repartis déçues, d'autres finissent par s'en lasser. La vie en communauté est également génératrice de conflit et peut entraîner des malaises, certains n'y trouvent pas leur place ; tout le monde n'est pas adapté à cette façon de vivre. Néanmoins, Longo Maï a le mérite de proposer quelque chose de nouveau, une expérience d'existence en commun, dans le respect et la sauvegarde de la nature.

Sources :

Sites internet :

 

Légende

Image1 : Coopérative Longo Maï de Limans
Image 2 : Roland Perrot, fondateur de la coopérative Longo Maï
Image 3: Le Mas de Granier (coopérative Longo Maï) dans les Bouches du Rhônes